Bad Gones et Free Tibet

par André Lacroix, le 10 octobre 2019

Lors du match de football entre l’Olympique Lyonnais (OL) et le Football Club de Nantes du dimanche 24 septembre 2019, les Bad Gones, club de supporters de l’équipe locale, ont réalisé un « tifo » géant représentant le « drapeau tibétain ». Ils voulaient ainsi protester contre la programmation de ce match à 13 h 30, décidée par la Ligue de Football Professionnel (LFP) afin de le mettre en valeur en Chine où le championnat français est assez prisé.

Comme on pouvait s’y attendre, France-Tibet s’est délecté de cet incident.

La soupe démocratique au menu de France-Tibet

par André Lacroix, le 19 septembre 2019

En 2007, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 15 septembre « Journée internationale de la démocratie » dans le cadre d’une résolution visant à encourager les gouvernements à renforcer et consolider la démocratie.

Pour l’édition de cette année qui tombait un dimanche, Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, a déclaré : « (…) nous célébrons davantage qu’un principe d’organisation politique : nous célébrons une certaine idée de l’homme. La démocratie est en effet un idéal : un idéal de ‘dignité, d’égalité et de respect de la personne humaine’ (…) ». De son côté, António Guterres, Secrétaire général de l’ONU s’est engagé personnellement : « (…) j’exhorte tous les gouvernements à respecter le droit à une participation active, concrète et effective et je rends hommage à toutes celles et tous ceux qui œuvrent inlassablement en faveur de cette noble cause. »

« Le Tibet libre » et « La Libre Belgique » 

par André Lacroix, le 30 juin 2019

Deux mois après la regrettable promotion par Philippe Paquet d’un livre indigent et obsolète sous le titre Un Tibet plus mort que vif (1), voilà que le quotidien La Libre Belgique en remet une couche, sous la plume cette fois de Sabine Verhest, avec un titre tout aussi grossièrement trompeur, même s’il est placé entre guillemets : « Le Tibet est une prison à ciel ouvert » (2). Cet article est sous-titré Dhondup Wangchen a passé six ans en prison (3) pour avoir fait parler des Tibétains de leurs conditions de vie. Les deux premiers tiers de l’article sont consacrés au cinéaste tibétain Dhondup Wangchen, tandis que le dernier tiers, sous-titré Un jour, cela va exploser, se résume à des questions posées à Kirti Rinpoché sur la liberté religieuse au Tibet et aux réponses de ce dernier.

Une réédition superflue d’un livre partisan et obsolète

par Albert Ettinger, le 29 mai 2019

Tibet mort ou vif est le titre d’un livre que Pierre-Antoine Donnet (1) a concocté il y a plus de trente ans, vers la fin des années 1980.(2)

Ce grand classique de la littérature de propagande « pro-tibétaine » en langue française a connu plusieurs rééditions. Chose surprenante : après tant d’années, il vient d’être réédité une nouvelle fois. Et plus surprenant encore : dans la Libre Belgique du 15 avril 2019, Philippe Paquet salue cette réédition et porte le livre littéralement aux nues.

La « Heartfulness » du dalaï-lama

par Elisabeth Martens, le 1 mars 2019

Depuis son Prix Nobel de la Paix en 1989, le dalaï-lama s'est hissé au sommet des représentants de la paix dans le monde. Il a initié des millions d'adeptes aux arcanes du Kalachakra1 les convertissant au bouddhisme tibétain, il a alimenté les liens entre le bouddhisme et les sciences occidentales, et il s'est impliqué dans la diffusion des méditations de Pleine conscience, ou « Mindfulness ». Le dalaï-lama s'est encore activé pour trouver une petite soeur à la « Mindfulness » : la « Heartfulness », née en 2005 à Vancouver.

Propagande menée par le dalaï-lama et l'ICT

par Elisabeth Martens, le 18 février 2019

Dès 1949, les États-Unis ont été limpides quant à leur position par rapport au Tibet : « Reconnaître l’indépendance du Tibet, oui ou non, n’est pas la vraie question ; la vraie question est notre attitude envers la Chine », lit-on dans un rapport de l'Office des Affaires étrangères.1 Le réel combat que mènent les États-Unis n'est pas celui pour l'indépendance du Tibet, mais celui contre la Chine, raison pour laquelle l'ICT (International Campain for Tibet) fut créée en 1988 et que, depuis lors, ils allouent des millions de dollars par an à cette honorable ONG. Grâce aux bons offices de l'ICT, l’assimilation entre « communisme chinois » et « Tibet opprimé » a imprégné notre inconscient collectif au point où le simple mot « Tibet » engendre automatiquement un jugement politique de notre part, une condamnation de la Chine. Les adeptes et les sympathisants du bouddhisme tibétain sont devenus, parfois malgré eux, des militants « dalaïstes »2.

Arte : d’indécrottables préjugés !

André Lacroix, le 29 novembre 2018

Spectateur régulier de la chaîne Arte, j’espérais beaucoup du documentaire diffusé le 27 novembre, ainsi présenté dans la presse quotidienne : « À l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le réalisateur Claus Kleber, par ailleurs présentateur vedette de la ZDF, procède à un inventaire et dresse un état des lieux soulevant des questions complexes. Car si ce texte, rédigé en 1948 suite aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale, ambitionnait de s’appliquer à tous les citoyens du monde, il reflète néanmoins une vision occidentale. Ainsi, les valeurs de la culture islamique ou encore les normes sociales asiatiques constituent aussi des clés nécessaires pour appréhender nombre de crises et conflits actuels. Comment, dès lors, concilier des conceptions des droits humains parfois très éloignées, selon les cultures, des principes que les Occidentaux souhaitaient universels ? »

Une actualité contrastée, une culpabilité inavouée

par Albert Ettinger, le 8 juillet 2018

Le 20 mars 1995, un attentat au gaz sarin dans le métro de Tōkyō faisait douze morts et plus de cinq mille cinq cents blessés, un acte terroriste perpétré par des membres de la secte Aum Shinrikyō, fondée et dirigée par le gourou Shoko Asahara.

Condamnés à mort en 2004 pour leur implication dans cet attentat, Shoko Asahara et six de ses complices viennent d’être pendus le 5 juillet 2018.

La foi et la mauvaise foi contre les faits et la rigueur

par la rédaction, le 1er juillet 2018

L’article d’André Lacroix, André Comte-Sponville et le dalaï-lama, d’abord publié sur ce site le 12 mai 2018 (http://tibetdoc.org/index.php/politique/mediatisation/452-andre-comte-sponville-et-le-dalai-lama) a été repris le 17 mai sur le site « Investig’Action » et le 23 mai sur le site « Le Grand Soir ». Cette dernière publication a provoqué une série de commentaires d’intérêt varié (voir https://www.legrandsoir.info/andre-comte-sponville-et-le-dalai-lama.html). Nous n’en avons retenu que la polémique entretenue entre d’un côté, un certain « Kang Youwei », partisan inconditionnel du dalaï-lama et de l’indépendance du Tibet et de l’autre côté, Albert Ettinger et André Lacroix dont on connaît l’approche critique de la problématique tibétaine.

Football, nationalisme et double langage

par André Lacroix, le 8 juin 2018

Comme annoncé dans notre article du 2 octobre 2017, se tient actuellement à Londres, organisée par la ConIFA (Confédération des fédérations de football indépendantes), une « Coupe du monde » regroupant des équipes issues de minorités, d’exilés ou d’autonomistes. Pour la petite histoire, l’équipe des exilés du Tibet a perdu, 3-0, son premier match, contre l’Abkhasie. L’essentiel n’est pas là.

Ces partisans du « marxiste en robe de moine » qui exècrent Marx et le marxisme

par Albert Ettinger, le 24 mai 2018

Quand le 5 mai, la ville allemande de Trèves dévoila une statue de Karl Marx, l’AFD (le parti d’extrême-droite allemand) et la secte Falun Gong protestaient contre l’honneur fait au « père des dictatures communistes ». Des militants de la mouvance « Free Tibet » n’hésitaient pas à se joindre à eux, montrant ainsi ce qu’ils pensent eux-mêmes de la déclaration du dalaï-lama qui s’est autoproclamé « marxiste en robe bouddhiste ». (1)

André Comte-Sponville et le dalaï-lama

par André Lacroix, le 10 mai 2018

Dans Le Soir du vendredi 4 mai 2018, paraissait une excellente interview faite par le journaliste William Bourton du philosophe André Comte-Sponville sous le titre « Il faut protéger la laïcité comme la prunelle de nos yeux » (1). Il s’agit d’un remarquable plaidoyer en faveur d’ « une civilisation commune, qui nous permette de vivre ensemble, quelle que soit la religion ou l’irréligion des uns et des autres. »

On aimerait être d’accord à 100% avec les réflexions de cet intellectuel qui se définit comme « un athée non dogmatique et fidèle ». Il est toutefois un passage qui mérite une analyse critique : « Le dalaï-lama, dit Comte-Sponville, m’importe au moins autant que le pape François ‒ et Nelson Mandela, beaucoup plus que Donald Trump. Quel démocrate, dans nos pays, qui ne se sente plus proche d’un démocrate musulman que d’un fasciste judéo-chrétien ? (2) » 

Bernard Maréchal,  TIBET Combat pour la vérité,contre la désinformation, 3ème partie : expériences partagées

André Lacroix, le 5 février 2018

Ayant eu, comme Bernard Maréchal, la chance de voyager en Chine loin des sentiers battus, il n’est pas étonnant que certaines de ses observations aient ravivé en moi quelques souvenirs. Le lecteur voudra bien dépasser le caractère anecdotique de certains rapprochements pour y découvrir quelques facettes de la réalité tibétaine.

Bernard Maréchal, TIBET Combat pour la vérité, contre la désinformation, 2ème partie : réflexions personnelles

André Lacroix, le 29 janvier 2018

Le livre de Bernard Maréchal est tellement riche dans sa concision qu’il mérite bien quelques prolongements. Après un compte rendu général (voir 1ère partie), j’aimerais m’attarder sur quatre points qui ont, plus que d’autres, attiré mon attention.

 

Bernard Maréchal,  TIBET Combat pour la vérité, contre la désinformation,1ère partie : présentation générale

André Lacroix, le 15 janvier 2018

Bernard Maréchal, après 35 années passées au service de l’État français, s’est consacré à la Chine comme consultant indépendant. Il est titulaire d’un diplôme universitaire de langue chinoise.
En 2012, il publie aux éditions Golias Le grand jeu sino-américain, une analyse subtile de la confrontation entre les deux Grands après l’effondrement de l’URSS en 1991 et l’entrée de la Chine à l’OMC en 2001, sur fond de marginalisation de l’Europe.
En 2017, il publie aux éditions « Le Livre Actualité » cet essai sur le Tibet, fruit de 25 voyages et séjours en Chine, dont quatre en pays tibétain, et résultat de la lecture de 470 ouvrages sur la Chine, dont 120 sur le Tibet.

Libé = porte-voix de Dharamsala ?

par André Lacroix, le 6 décembre 2017

Sous le titre Le monde devrait s’inquiéter des atteintes à l’environnement au Tibet, on trouvera sur le site de Libé du 29/11/2017 une interview par Laurence Defranoux de Dolma Tsering, députée du « Parlement tibétain en exil ». C’est le droit, bien sûr, d’un organe de presse d’interviewer n’importe qui ; mais ne serait-ce pas aussi son devoir de faire preuve d’un minimum d’esprit critique ?

Le dossier Tibet de GEO (n° 464) : reflet de la pensée unique

par André Lacroix, le 4 décembre 2017

On a le sentiment qu’une tentative louable a été faite, par le magazine GEO, de présenter au lecteur, sous la plume de journalistes ayant pignon sur rue, un aperçu de la réalité du Tibet qui n’omette aucun sujet : histoire, géographie, société, religion, politique, culture, etc., le tout agrémenté, comme c’est la coutume dans ce genre de publication, de superbes photos, certaines s’étalant sur deux pages. Mais, si l’on fait preuve d’un peu de sens critique, on constate que l’idéologie sous-jacente aux textes reflète assez fidèlement les préjugés largement répandus en France, où la « question tibétaine » est souvent lue à travers le prisme déformant des exilés.

Le Tibet vu et revu par GEO, 5e et dernière partie : un certain regard sur la culture

par André Lacroix, le 2 décembre 2017

Le dossier-Tibet du n° 464 de GEO se termine par deux articles offrant moins de prise à la critique que les précédents. Il s’agit d’un reportage d’Edward Wong sur les imprimeurs de textes sacrés et d’une présentation par Jules Prévost de quelques peintres tibétains contemporains.

Le Tibet vu et revu par GEO, 4e partie : douteuse polarisation sur le Troisième Pôle

par André Lacroix, le 28 novembre 2017

Au Tibet, « les températures augmentent de 0,4° C par décennie », peut-on lire dans le premier sous-titre en gros caractères rouges de l’article de Pierre Haski, pp. 61 à 66 du n° 464 d’octobre 2017 du magazine GEO. Il s’agit là d’un constat malheureusement incontestable. Ce qui, en revanche, est malheureusement contestable, c’est la suspicion, pour ne pas dire la condamnation, par l’auteur de la politique mise en œuvre par la Chine pour freiner cet emballement fatal.

Le Tibet vu et revu par GEO, 3e partie : les charmes trompeurs d’une carte géographique

par André Lacroix, le 19 novembre 2017

Pour compléter son long article (pp. 38-50), Jean-Christophe Servant gratifie ses lecteurs d’une magnifique carte géographique aux couleurs pastel (réalisée par Léonie Schlosser), reproduite sur deux pages sous le titre « À l’Ouest, toujours du nouveau ». En analysant cette carte et les commentaires qui l’accompagnent, on doit bien constater que l’infographie et l’esthétique sont ici mises au service de la désinformation.