Amitié des peuples entre la Chine et la Belgique
Colloque du 4 février 2026
Ce colloque s’est tenu à l’Ambassade de Chine à Bruxelles. Etaient rassemblés, autour de deux grandes tables se faisant face, une bonne vingtaine d’invités, sous la présidence de M. FEI Shengchao, Ambassadeur de la République populaire de Chine auprès du Royaume de Belgique, en présence également de plusieurs personnalités chinoises dont des membres de l’Ambassade.
La séance a commencé par un exposé en mandarin (avec traduction en français) de M. YANG Wanming, Président de l’Association du Peuple chinois pour l’Amitié avec l’Étranger. Surtout dans le contexte international peu sécurisant et l’imposture actuelle des États-Unis, il a insisté sur les ponts à construire entre la Chine et les peuples en général, l’Europe en particulier, et la Belgique plus particulièrement vu sa position centrale et le rôle du port d’Anvers-Bruges.
Ces relations sont loin de se limiter aux échanges économiques : elles impliquent aussi des liens culturels et personnels, comme en témoignent 55 années d’amitié entre la Chine et la Belgique depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1971. À ce propos, M. WANG s’est plu à rappeler la visite, dix ans plus tôt, en 1961, de la Reine Élisabeth de Belgique et l’accueil chaleureux qu’elle y a reçu de la part de Mao Zedong et de Zhou Enlai.

L’Ambassadeur FEI Shengchao a brièvement remercié le Président YANG, a abondé dans son sens et a précisé que la première visite de ce dernier à l’étranger a été pour la Belgique, ce qui souligne l’importance de cette relation. Il a ensuite donné la parole à huit invités belges qui ont pu s’exprimer en français (avec traduction en mandarin).
C’est le Ministre d’État André Flahaut qui a ouvert le feu, avec son franc-parler habituel. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les liens d’amitié entre nos deux peuples. Il faudra notamment sensibiliser le Ministre Prévot, réactiver les relations entre les parlements de Chine et de Belgique, multiplier les contacts entre des personnalités chinoises et les différents cercles de pouvoir belges, accroître le partenariat entre universités… Par deux fois il a dit qu’il fallait « aller à contre-courant » de la tendance actuelle et replacer l’humain au centre des relations internationales pour favoriser la paix.

Deuxième intervention : Éric Domb, le directeur bien connu de Pairi Daiza. D’un ton chaleureux et poétique, il a parlé de la beauté de la différence. Ainsi, a-t-il rappelé, le nom, en Chine, précède le prénom, signe que, depuis 4.000 ans, la famille et le collectif priment sur l’individu. Émerveillement de la différence : les pandas en Belgique, ce n’était pas seulement de la diplomatie : « j’ai vu des enfants bouleversés, des adultes émerveillés, comme si la peur et les préjugés étaient tombés. On ne parlait plus de Chine et de Belgique : on parlait d’amour. » La Chine et la Belgique n’ont pas la même culture mais elles peuvent se rejoindre dans la confiance - qui ne cherche pas à convaincre mais à comprendre, dans l’amitié - qui ne cherche pas à briller mais à réchauffer. « Dans un monde brutal, l’amitié n’est pas une faiblesse, mais une force rare. »
Philippe Lechien, Président de l’ABC (Association Belgique-Chine) a rappelé que, bien avant la reconnaissance de la RPC par la Belgique il y a 55 ans, l’ABC avait vu le jour en 1957. Son but : favoriser les relations culturelles et scientifiques entre la Chine et la Belgique, en multipliant les contacts durables basés sur la confiance. Après 1971, l’ABC a continué à s’investir dans la promotion de la culture chinoise et a œuvré pour la création d’un Institut Confucius. Aujourd’hui comme hier, l’ABC s’efforce d’entretenir des liens humains. « Nous sommes fiers de continuer à jouer un rôle discret. »
L’intervenant suivant est Bernard Dewit, président de la BCECC (Chambre de Commerce belgo-chinoise). Il constate avec satisfaction que, passé l’épisode du Covid, de plus en plus de PME belges reprennent le chemin de la Chine. C’est très important parce que l’économie belge compte beaucoup de PME et qu’en Chine aussi les PME sont importantes. Comme les intervenants précédents, il plaide pour la construction de ponts entre nos deux pays ; il fait remarquer que « les relations sont faites de symboles » comme en attestent le succès de Pairi Daiza et la rénovation du Pavillon chinois à Bruxelles.
Puis vient le tour de Guy Hallet, conseiller principal au sein de « Silk Road Partners ». Il ne suffit pas de bâtir des ponts, dit-il, il faut aussi les entretenir, ces ponts de l’amitié. En 1996, personne n’imaginait qu’on pouvait avoir un ami chinois. On a dû se battre pour que les valeurs chinoises soient reconnues. Il y a des gens qui veulent faire de l’argent avec les guerres. « La Chine, c’est un pays uni. Les États-Unis ne sont plus unis. »

La parole est ensuite donnée à Diane Hennebert qui s’est attelée à la tâche de restaurer le Pavillon chinois, témoin éloquent du dialogue entre l’Asie et l’Occident. Construit par Léopold II entre 1903 et 1910, cet édifice a été abandonné en 2013. « Nous allons lui redonner tout son éclat », promet-elle. Pour la réalisation de ce projet ambitieux « China House and the Silk Roads Countries », placé sous le haut patronage de la Reine Mathilde, Mme Hennebert souhaite la collaboration d’artisans chinois – ce qui suscite immédiatement la réponse positive de YANG Wanming, au point de susciter un assez long aparté entre elle et lui.
Les deux intervenants suivants sont bien connus des habitués de tibetdoc.org : Élisabeth Martens (voir https://tibetdoc.org/index.php/politique/mediatisation/863-tibetdoc-org-et-chine-ecologie-org-au-colloque-sur-l-amitie-belgo-chinoise-a-bruxelles) et André Lacroix, qui a parlé d'une région chinoise qu'il aime entre toutes, à savoir le Tibet, et des censures frappant ceux qui, comme Jean-Michel Carré, en dévoilent l'histoire réelle et l'essor spectaculaire.
Avec son style décontracté habituel, l’Ambassadeur remercie tous les participants et clôt les débats.